Jusqu’à la mi-2024, on pouvait y croiser régulièrement Anne Krickel, considérée comme le visage de la section féminine du RFCU La Calamine, fondée peu avant la pandémie du Covid. Après la mise en place et l’établissement de plusieurs équipes, un changement d’horizon sportif s’est produit en juillet 2024. « Après avoir appris à La Calamine que les possibilités sportives étaient épuisées, j’ai décidé de rejoindre le projet de la KAS Eupen. »
À son arrivée en tant que coach des jeunes chez les Panda Women, elle a trouvé un effectif encore assez restreint, qui a depuis donné naissance à une équipe U13 et une équipe U17.
Au début, Anne s’est surtout occupée – comme auparavant dans la commune de la Göhl – de la promotion des jeunes, une tâche qui convient tout à fait à cette logopède de formation. En décembre 2025, après le départ de Jonathan van Ettro chez les Panda Women, elle a pris le poste de coach de la deuxième équipe – avec succès. L’équipe a terminé la saison en 2e Provinciale B à la cinquième place du classement, avec 47 points en 24 matchs. En raison de la réglementation en vigueur, une promotion en 1re Provinciale n’aurait de toute façon pas été possible, puisque l’équipe première des Panda Women y évolue déjà.
« Notre priorité est clairement le développement des joueuses. En P2, elles peuvent faire leurs preuves pour accéder à des niveaux supérieurs. » Certaines joueuses y sont déjà parvenues – signe que le travail d’Anne Krickel et de son staff d’entraîneurs porte ses fruits. La deuxième équipe n’est pas seulement considérée comme un lieu de formation, mais aussi – à l’instar de ce qui se passe chez les hommes – comme une bonne opportunité pour revenir après une blessure ou pour acquérir du temps de jeu et de la confiance en soi après une période d’inactivité ou une baisse de forme.
Malgré la différence de niveau entre les deux équipes, des joueuses de la P2 sont désormais régulièrement appelées en renfort en P1. À l’inverse, Anne Krickel peut également faire appel à des joueuses de la P1, mais à raison de trois au maximum par journée de match.
De nombreuses joueuses de l’équipe des U13 partagent le même souhait : intégrer l’une de ces deux équipes dans les années à venir. Le vif intérêt pour commencer le football dès le plus jeune âge a tout de même surpris les responsables du Kehrweg, contre toute attente. Pour Anne Krickel, les raisons en sont évidentes :
« Lors de la création du département des jeunes chez les Panda Women, nous nous sommes fixé comme objectif que chaque fille puisse pratiquer notre sport là où elle se sent le plus à l’aise. Certaines se sentent très bien entourées de garçons, mais cela peut changer avec le début de la puberté. Les garçons peuvent alors rapidement devenir gênants pour les filles. » Elle le sait par expérience. À cette phase, les filles ne doivent pas perdre leur passion pour le football, c’est pourquoi on a décidé de proposer une alternative. Celle-ci existait jusqu’à récemment sur son ancien lieu d’activité à La Calamine, mais y a depuis été supprimée. Ainsi, le club du Kehrweg est le seul de la Communauté germanophone à offrir aux filles un foyer footballistique dès leur plus jeune âge.
« Pendant ma scolarité, j’ai toujours pu jouer au football avec les garçons, car j’ai su m’imposer dès le début. Quand d’autres filles nous ont rejoints plus tard, vers l’âge de onze ans, cela n’a pas toujours été bien accueilli. » Quoi qu’il en soit, ces matchs dans les cours d’école de la région n’ont pas nui à la suite de la carrière d’Anne Krickel. Son parcours avec Sint-Truiden l’aurait presque conduite en BeNe-Liga – une ligue dans laquelle s’affrontaient alors les huit meilleures équipes de Belgique et des Pays-Bas. Peu avant le début de la saison, le projet a capoté, et elle est retournée chez les « Rouches » du Standard de Liège.
Aussi prestigieux que puisse paraître le nom du club, les salaires ne l’étaient pas. On recevait dix euros pour chaque point gagné. Anne Krickel illustre l’écart entre l’Allemagne et la Belgique à l’aide d’un match international qui remonte désormais à près de 20 ans : « L’équipe nationale allemande sortait tout juste d’un stage d’entraînement d’une semaine, tandis que les Belges devaient demander un jour de congé à leur employeur. »
Les temps ont changé depuis. Le RSC Anderlecht, l’OH Leuven et d’autres clubs investissent de plus en plus dans la promotion du football féminin. Mais tout le monde ne comprend pas cette évolution. Ainsi, d’anciens internationaux allemands, qui cherchent aujourd’hui plutôt leur place dans des émissions de téléréalité que dans des postes de direction de clubs de football ambitieux, se sont récemment exprimés de manière critique sur la qualité du football féminin.
Anne Krickel déclare à ce sujet : « On ne peut pas comparer le football féminin et le football masculin. Il faut que cela cesse enfin. Chez nous, l’accent est mis sur la tactique, tandis que chez les hommes, c’est plutôt sur le physique. »
Cela se reflète également dans le quotidien de l’entraînement. Dès les équipes féminines U13 et U17, on veille sur des bases claires. Un système de jeu adapté à la KAS Eupen doit être enseigné aux joueuses dès leur plus jeune âge.
Tout le monde est conscient que cela ne peut pas se faire du jour au lendemain. Il est donc d’autant plus important que les joueuses ne se découragent pas dans les situations difficiles. C’est pourquoi Anne Krickel s’est donné pour mission d’encourager tout particulièrement les jeunes joueuses : « Le football est un sport où l’on fait des erreurs. Tant sur le terrain qu’en dehors, on peut tirer des leçons de ses erreurs – l’important est de ne pas abandonner. »
Anne Krickel n’a pas non plus perdu espoir d’un avenir meilleur et plus équitable pour ses joueuses. Les comparaisons avec le football masculin devraient, dans l’idéal, appartenir au passé, et une rémunération adéquate serait également souhaitable pour l’avenir.
Les premiers pas dans la bonne direction ont déjà été faits – y compris chez les Panda Women. Les visages satisfaits des joueuses après chaque match et chaque séance d’entraînement en sont la preuve.
Texte : Philippe Niessen